A L'OMBRE DE TAHA HUSSEIN

UN CITOYEN QUI S'INTERESSE A LA MARCHE DU SIECLE

jeudi 15 octobre 2015

LA BROUILLE MAROCO-SUÉDOISE EST LE FRUIT D’UNE IMPARDONNABLE MÉPRISE DE NOS DEUX GOUVERNEMENTS SUR « LE FOND DU DOSSIER SAHARIEN »




Avant tout développement sur cette affaire, commençons par reconnaître une évidence : la Suède est une monarchie constitutionnelle, une démocratie authentique, un État de Droit et de Liberté d’opinions.

S’il subsiste un quelconque doute dans l’esprit de quelque « individu mal informé », Wikipedia  se charge de mettre les pendules à l'heure : « l’indice de démocratie de The Economist (pdf) a désigné en 2008 la Suède comme étant le pays le plus démocratique au monde, avec  un indice de 9,80 sur 10 ! En plus, le 31 décembre 2010 la Suède reçoit le Prix de l’Excellence 2010 : pays le mieux réputé ».

J’ajoute personnellement que cette réputation n’est pas le fait du hasard, mais l’aboutissement d’une politique de longue haleine menée par les socio-démocrates  suédois depuis 1917, pour hisser leur pays au niveau de l’excellence en matière de politique sociale, économique, culturelle et diplomatique…Ce qui positionne la Suède sur le plan international comme un pays « non aligné » en temps de paix, et « neutre » en temps de guerre.

VOLVO, IKEA, ERICSSON et ZLATAN IBRAHIMOVIC restent chez nous les symboles éclatants de cette belle réussite suédoise parmi tant d’autres icônes du savoir-faire suédois connus mondialement…

Où se situe le Maroc dans tout cela ?

Le Maroc est une monarchie absolue, partiellement constitutionnelle et médiocrement parlementaire…Toutefois, à l’instar de la Suède, son histoire est plus que millénaire, et a connu un passé glorieux, et des faits d’armes diplomatiques impressionnants (en leur temps). Le fait n’est pas anodin mais il y a plus de deux siècles et demi le Maroc fut le premier pays à avoir reconnu l’indépendance des États-Unis d’Amérique, et ce même Maroc a célébré il n’y a pas très longtemps les 200 ans de relations diplomatiques avec cette même Suède !

Alors pourquoi ces maladresses qui ont provoqué ce tintamarre des deux côtés ?
  
Il y a le fait que le Maroc mène un processus de négociations sur le dossier dit du "Sahara occidental", avec les séparatistes du Polisario, sous l’égide des Nations Unis, depuis plus de 30 ans…Avec ce sentiment unanimement partagé que, dans « cette mascarade »  nous sommes victimes d’un marché de dupes !!!

A cela plusieurs raisons (et pour faire court) :

1/  La sentence du Tribunal International de Justice à La Haye a reconnu au Maroc la légitimité de l’allégeance de tribus sahraouies aux régimes monarchiques marocains qui se sont succédés sur trône alaouite.



2/  La Marche Verte engagée alors par le défunt roi Hassan II en réponse au verdict (mitigé dirons-nous) de la Haye, a ouvert la voie à des négociations précipitées (le général Franco était mourant !) lesquelles ont débouché sur un accord connu sous le nom « d’accord tripartite » entre le Maroc, l’Espagne et la Mauritanie, conclu à Madrid.

3/  A ce stade du processus de résolution du « dossier » entre les 3 pays concernés, pourquoi diable l’Algérie s’est-elle immiscée dans cette affaire ? Mieux, pourquoi le Maroc et la Mauritanie ont-il laissé faire ???

 4/  L’accueil intentionnel (par l'Algérie) et leur concentration (des Sahraouis dissidents) à Tindouf suffit-il à propulser cet ennemi juré du Maroc au rang de partie prenante du "dossier"? Tindouf n'est-il pas par ailleurs un territoire litigieux entre nos deux pays (annexé par la France à l'Algérie pendant la colonisation) ? N'y a t-il pas là déjà une première intention manœuvrière de l'Algérie de s'introduire dans un "conflit", tout en donnant l'impression de "regarder ailleurs" ? 

5/  Pourquoi les Nations-Unis et avec elles les puissances coloniales (qui ont occupé le Maroc et par conséquent détiennent des preuves sur le bien-fondé des positions marocaines) ont-ils "fermé les yeux" sur ces manigances algériennes, et de fait sont devenues complices à la plus grossière manipulation de l'histoire, érigée par un pays qui se dit hypocritement non concerné par un conflit qu'il a créé de toutes pièces contre un Etat voisin?  

6/  Le résultat de cette immixtion diabolique est tout naturellement la remise en cause de « l’accord tripartite »; le recours forcé au référendum (sous pression de nos alliés); l’impossibilité de procéder au recensement des populations sahraouies (à Tindouf  ou au Sahara) pour effectuer ce maudit référendum (qui sombra d'ailleurs dans les oubliettes!); la mise en scène flamboyante d'un Polisario brandi par l’Algérie au plan africain et international (moyennant  des budgets mirobolants gracieusement mis à disposition de ces satanés dissidents) et enfin le blocage qui en est résulté à ce jour.

Existe t-il un machiavélisme plus cinglant que celui-ci, dont les conséquences perdurent encore, depuis plus de 35 ans déjà ...? 

Avec ce constat affligeant : une crise sciemment "aiguisée" et tendue comme une épée de Damoclès sur le Maroc, une opinion internationale sous influence, un Conseil de Sécurité indécis et une Algérie qui jubile (dans son coin), en savourant ostensiblement les succès infâmes de ses machinations, ayant réussi à semer le doute dans un "dossier" (ayant déjà été "fermé" grâce à un accord consensuel entre les parties concernées), et faisant d'elle (comble d'ironie) un "arbitre" incontournable dans le "conflit" !

7/  Et pendant ce temps-là, la réaction de la diplomatie marocaine  était « de se coucher sur ses deux oreilles » pendant 35 ans (le début des pourparlers avec le Polisario), laissant libre cours à l’Algérie et à ses « obligés marionnettes» d’occuper confortablement le « terrain » par leurs manigances interposées. En nous contentant du soutien »mou » de nos amis américains et celui plus ou moins formel de nos « protecteurs » français…

Quels sont les points forts de notre cause ?

1/  Notre principal argument reste « l’accord tripartite » signé entre les 3 pays concernés par le conflit. Accord qui plus est, était validé par le Parlement espagnol. Le Maroc n’aurait jamais dû abandonner cette carte maîtresse entre ses mains. Il aurait dû continuer à l’imposer inlassablement dans toutes les instances internationales où ce « dossier » est exposé (Conseil de Sécurité, Nations-Unis et Union Africaine).

3/Naturellement, certains objecteront que cet "arrangement" ne respecte pas l'énoncé de la charte des Nations-Unis sur les principes établis, relatifs à la décolonisation...Mais où, dans ce traité, est-il proclamé que tout accord entre "parties concernées", basé sur un consensus qui agrée mutuellement les "parties" serait non conforme à la légalité internationale, et par conséquent caduc ?! 

4/  L’allégeance reconnue de tribus sahraouies aux monarques marocains demeure quant à elle un point fort par rapport au « droit coutumier » marocain, pratiqué et entériné par 450 ans d'histoire, depuis l’avènement de la dynastie alaouite...Et c’est grâce à ces allégeances "subsahariennes" ( très fréquentes dans le temps et répandues dans l'espace...) que le Maroc a vu ses territoires s’étendre au loin pour en faire un « Empire Chérifien », (appellation chère à la puissance coloniale française). 
  
5/  Le dossier « Sahara » n’aurait pas existé si le Maroc était soumis à une seule puissance coloniale, comme l’Algérie, la Tunisie et la Libye qui ont recouvré à leur indépendance, la totalité de leur « territoire colonisé » d’une seule traite. Pour le Maroc qui connut 3 zones d’occupation coloniale, il fallait négocier sa libération « pied à pied « avec différentes puissances coloniales : la France au centre, l’Espagne au sud et au nord, et les 7 puissances européennes (dont la Suède !) à Tanger (qui jouissait d’un Statut International) ! 

6/  Quand on observe la carte du Maghreb, chacun des pays nord-africains bénéficie de son Sahara intégral. Pourquoi vouloir amputer le Maroc seul de son Sahara ? N’y a-t-il pas là la preuve d’une anomalie que le Maroc a eu "l’outrecuidante" légitimite de corriger ?

7/  Les principaux dirigeants du Polisario sont marocains de naissance…Les membres de leur famille vivent encore dans le Maroc reconnu universellement! Quel rapport ont-ils donc avec le Sahara ? Sont-ils vraiment représentatifs du Polisario ?

8/  L’Algérie a tôt déclaré qu’elle n’était pas concernée par ce conflit (manigancé par elle pourtant). Les Nation-Unis connaissent cette déclaration de l’Algérie, et à travers son intense fébrilité dans les couloirs onusiens à vouloir convertir tout le monde à sa thèse machiavélique sur ce Sahara (qu’elle convoite naturellement et sans gêne), pourquoi le Secrétaire Général des N.U ne lui intime t-il pas l’ordre de se conformer à sa déclaration initiale et laisser les Nations-Unis seuls intervenants sur ce « dossier » ? 

9/  Pourquoi l’Algérie bénéficie-t-elle du privilège (sur la scène internationale) de jouer le rôle du juge et partie à la fois, dans « cette affaire » qui ne la regarde point ?

10/  L'Algérie a-t-elle le droit de prôner le respect de l'autodétermination des peuples (quand il s'agit des autres) et d'oublier de l'appliquer à elle-même quand il s'agit du peuple de la Kabylie?...

En un mot comme en dix, pourquoi les thèses algériennes paraissent-elles plausibles au monde extérieur (alors qu’elles sont mensongères !) par opposition à celles du Maroc (qui semblent moins convaincantes !) alors que ses arguments sont plus crédibles?

Parlons-nous tous le même langage au Maroc, pour susciter à ce point l'incrédulité de nos détracteurs?

A ce niveau de développement, trois remarques me viennent à l’esprit : 

A- En 1982 deux pays scandinaves ont été les premiers à reconnaître le Mouvement de Polisario en Europe: la Norvège et la Suède ! (j’étais sur les lieux en ce temps, de par mes fonctions). Qu’a fait le Maroc depuis ce temps-là (35 ans déjà!) pour neutraliser l’influence nocive des « séparatistes » (s'amplifiant avec le temps) sur notre cause nationale ? Quelle était sa stratégie diplomatique face à cette méconnaissance flagrante du « dossier saharien » par ces deux « représentants farouches « de la démocratie nordique » ?

B- les ONG scandinaves, c’est archi-connu, sont très actives en matière de lobbying et sensibles à tout ce qui touche aux principes fondamentaux des Droits de l’Homme et de l’autodétermination des peuples (nous savons que ce sont des thèmes favoris dans les allégations de nos détracteurs algériens auprès de ces pays). Ces ONG ont beaucoup d’influence auprès des médias et dans les débats parlementaires. On se souvient qu’en 2012, ils ont su, par leur pugnacité, mobiliser des sympathisants à leurs thèses au sein du Parlement européen pour boycotter l’accord de pèche entre le Maroc et l’Union Européenne…
Mais grâce à la vigilance de l’Espagne (principal intéressé) et de la France (plus quelques pays amis) l’accord est passé finalement!

C- Depuis cette date environ, et dans un "sursaut de génie diplomatique" rarement observé chez le gouvernement Benkirane, celui-ci rappelle notre ambassadeur à Stockholm pour le nommer comme Gouverneur à Laâyoune !

Connaissant les affinités plus que probables de ces démocraties nordiques  aux thèses « ennemies », pourquoi avons-nous choisi ce moment précis pour procéder à des "déplacements" de diplomates, et pire, comment diable a-t-on laissé vacant ce poste névralgique d’entre tous (à cause des partis pris exprimés sans ambages au sein de la classe politique suédoise)?

Au moment où ce « dossier » connaît un tournant capital dans la recherche d’un dénouement enfin favorable à nos thèses, grâce à la discussion engagée autour de la proposition de « l’autonomie régionale » avancée par le Maroc, ne fallait-il pas d'abord exhorter nos diplomates en place à se mobiliser avec toute l'énergie nécessaire pour accorder un traitement prioritaire au "projet de l'Autonomie Régionale" qui, habilement exposée et argumentée au gouvernement suédois, aurait eu l’opportunité de modifier sa position sur ce dossier, si mal géré par un Maroc qui, soit dit en passant, reste le seul à avancer des propositions crédibles dans ce conflit ?

Venons-en maintenant à la position suédoise dans cette brouille mémorable entre nos deux pays : 


  • D’abord, où est cette « belle neutralité » suédoise qu'il fallait mettre en exergue dès le départ et sans hésitation en réponse aux allégations des parties engagées dans ce « conflit » contre le Maroc (Algérie et Polisario), sachant que « le dossier est traité » par l’instance la plus appropriée dans le règlement des conflits que sont les Nation-Unis ?
  • La Suède a-t-elle pris l’initiative, après avoir écouté les « élucubrations » algéro-polisariènnes , et avant de tirer une quelconque décision sur leur bien-fondé, d’écouter toutes les parties concernées par ce « dossier » dont le Maroc et la Mauritanie?
  • La reconnaissance par des pays tiers d’un État (selon le traité des Nations Unis) est basé strictement sur la présence d’un territoire aux frontières déterminées, occupé par une population reconnue et "géré" (représenté) par un Mouvement (à défaut d'un gouvernement…) notions justement absentes dans le « dossier du Sahara », puisque le « territoire » est Tindouf  (en Algérie!); « le peuple sahraoui » est écartelé entre deux pays aux frontières litigieuses, et le gouvernement est représenté par un mouvement révolutionnaire du nom de Polisario, parrainé par l'armée algérienne (et dont la majorité des membres est marocaine de naissance !) et dont le budget de fonctionnement est "copieusement couvert" par notre "généreuse" et manœuvrière Algérie...
  • La Suède est à ce point « aveuglée » par l’influence algérienne (elle dont la diplomatie se targue d’être pragmatique) pour ne pas voir clairement les manigances de ce pays, qui intervient dans un dossier qui ne le regarde pas, qui « crée » des crises et manipule à sa guise les gouvernements de sensibilité socialiste, à seule fin de mettre « à genoux » le Maroc, parce que (l’Algérie) est maladivement rancunière depuis sa défaite dans la « légendaire guerre des sables » qui l’opposait naguère au Maroc ?           
  • Sans oublier sa volonté de vouloir trouver un raccourci pour ses exportations de pétrole et de gaz à travers la façade atlantique (marocaine) qui lui échappe inexorablement aussi longtemps que le Sahara demeurera marocain!
  • En outre, ne voit-elle pas cette Suède que la création de la RASD est un danger palpable pour la sécurité et la paix dans cette région du monde, suffisamment infectée déjà par des groupuscules de « djihadistes » qui pullulent depuis les confins du Sahara algérien jusqu’à la Libye? 
La sagesse suédoise voudrait qu’elle prenne le temps de réfléchir en regardant et analysant sereinement la situation présente dans les deux pays : 
  
L’Algérie certes est très riche de ses énormes ressources pétrolières et gazières…qui semblent, depuis cinquante ans d’exploitation, arriver peu à peu à saturation…Où sont allés les énormes revenus récoltés de cette manne ? L’analyse froide et objective révèle que la majorité de ces revenus sont allés à l’achat des armements lourds et sophistiqués de la Russie (contre qui l’Algérie est-elle en guerre ?), au financement outrancier de la propagande polisarienne à travers le monde, et bien entendu dans les poches des dignitaires d’un régime moribond, au sommet duquel le Président Bouteflika apparaît comme une momie vivante, sous le contrôle de généraux  issus du FLN, tous corrompus et assoiffés de pouvoir. Leur système d’économie étatique pratiqué aveuglément depuis l’indépendance a révélé ses limites, puisque des pans entiers de la population ne vit que grâce aux subventions de l’Etat, et le chômage frappe la majorité d’une jeunesse abandonnée à elle-même…

En face il y a ce Maroc : une monarchie au pouvoir semi-absolu…corrompu jusqu’à un certain niveau, représentée par un monarque jeune, n’hésitant pas à mettre en valeur une fibre humanitaire qu’il n’a pas besoin de forcer,  engagé dans des projets d’investissement importants à caractère socio-économiques bénéficiant à toutes les régions du pays…entouré d’une élite sortie des grandes écoles européennes (impliquée pour certains dans un business florissant), régnant sur un pays à économie libérale, ayant promulgué un statut en progrès notable sur les conditions de la femme au Maroc…et cerise sur le gâteau, ayant aussi permis à la nation de disposer d’une constitution relativement améliorée, susceptible d’évoluer avec le temps vers de grandes réformes de notre système de gouvernance…

Et ce Maroc-là n’est pas à prendre à la légère ! 

En comparant, lequel des deux pays est porteur d’avenir ? Pour qui la Suède aurait pu avoir plus d’écoute et de compréhension ?

Et finalement qui profite de cette malencontreuse crise survenue sur « un dossier » très sensible (concernant une région du monde très compliquée), entre deux pays (Maroc/Suède) qui ont beaucoup à apprendre l'un de l'autre, que deux cents ans d’histoire diplomatique ne semblent malheureusement pas avoir permis de les mettre à l'abri de tensions "fabriquées" qui ne répondent aucunement aux intérêts communs des deux pays, et dont il faut maintenant "restaurer le contenu" en le débarrassant de toute influence parasitaire...

Les maigres échanges commerciaux qui caractérisent la balance commerciale des deux pays demeurent assez faibles au regard des potentialités réelles existantes et qui ne demandent qu'à se hisser au niveau des capacités et volonté des deux Etats, tous deux favorables à leur extension, dans un climat de respect mutuel et de sérénité retrouvée...

Et diable ! Ce n’est pas l’Algérie ou le Polisario qui pourrait entraver notre volonté commune à aller de l’avant… VIVE LA SUÈDE ! Et VIVE LE MAROC !

La Suède en chiffresSCB Logotyp

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