A L'OMBRE DE TAHA HUSSEIN

UN CITOYEN QUI S'INTERESSE A LA MARCHE DU SIECLE

mardi 14 août 2012

Paroles de Rûmi et de Shams de Tabriz, soufis et mystiques dans la pure tradition musulmane.

J'ai coutume, pendant le mois de Ramadan, de rechercher un peu de spiritualité dans le choix de mes lectures...Et grâce à Dieu, je suis "tombé" sur une perle! (Pour ne pas dire plus). J'en suis encore tout "ému". L'oeouvre s'appelle "Soufi, mon amour (Phébus,2010)", de cette célèbre auteure  Turque Elif Shafak, fille de diplomate, ayant à son actif plusieurs succès de librairie, notamment "la Bâtarde d'Istanbul (Phébus, 2007)" et "Lait noir (Phébus, 2009)". 
C'est un roman que j'ai lu d'une traite! (400 pages environ), et dont la magie provient de cette virtuosité de l'auteure d'avoir su mêler avec bonheur, une histoire contemporaine (un couple tout ce qu'il y de plus banal à Northampton, Angleterre) et une histoire remontant au début du 13ème siècle, se déroulant sur l'étendue théâtre du Moyen-Orient, avec comme personnages mystiques: le célèbre poète Rûmi et le légendaire derviche Shams de Tabriz...tous deux soufis notoires du monde musulman. 
Deux époques, deux mondes et deux cultures que tout sépare, mais que grâce au talent et l'imagination fertile de l'auteure, nous retrouvons entremêlés, avec pudeur certes, mais allègrement impliqués dans un hymne fervent au soufisme (cette doctrine musulmane qui vante l'abandon à Dieu et à sa vénération) envoûtant par sa spiritualité, toute de raison et d'amour...
Tout le long de l'histoire, telles des perles sur un parcours de décadence, émergent, à travers une histoire associant romantisme,amour et traditions ancestrales, les quarante Règles qui fondent la philosophie soufie, dictées dans le texte, en fonction des circonstances vécues par nos vertueux protagonistes dans leurs pérégrinations au Moyen-Orient. 




    

Voici quelques unes des quarante règles de la religion de l'amour, tirées du roman "Soufi, mon amour" de Elif Shafak, qui m'ont le plus émues et fait vibrer intensément, pendant ce mois de Ramadan. En ce mois de partage, je me fais un devoir de les partager avec vous.

EXTRAITS CHOISIS

  1. La Voie de la Vérité est un travail de coeur, pas de la tête! Faites de votre coeur votre principal guide! Pas votre esprit. Affrontez, défiez et dépassez votre "nafs" avec votre coeur. Connaître votre Ego vous conduira à la connaissance de Dieu!
  2. Tu  peux étudier Dieu à travers toute chose et toute personne dans l'Univers, parce que Dieu n'est pas confiné dans une mosquée, une synagogue ou une église. Mais si tu as encore besoin de savoir précisément où Il réside, il n'y a qu'une place où le chercher: dans le coeur d'un amoureux sincère!
  3. L'intellect relie les gens par des noeuds et ne risque rien, mais l'amour dissout tous les enchevêtrements et risque tout. L'intellect est toujours précautionneux et conseille: "Méfie-toi de trop d'extase!" alors que l'amour dit: "Oh, peu importe! Plonge!"
  4. Quoi qu'il arrive dans la vie, si troublant que tout te semble, n'entre pas dans les faubourgs du désespoir. Même quand toutes les portes restent fermées, Dieu t'ouvrira une nouvelle voie. Sois reconnaissant! Il est facile d'être reconnaissant quand tout va bien. Un soufi est reconnaissant non pas pour ce qu'on lui a donné, mais aussi pour ce qu'on lui a refusé.
  5. La patience, ce n'est pas endurer passivement. C'est voir assez loin pour avoir confiance en l'aboutissement d'un processus. L'impatience signifie une courte vue, qui ne permet pas d'envisager l'issue. Ceux qui aiment Dieu n'épuisent jamais leur patience, car ils savent qu'il faut du temps pour que le croissant de la lune devienne une lune pleine.
  6. Est, Ouest, sud ou Nord, il n'y a pas de différence. Peu importe votre destination, assurez-vous seulement de faire de chaque voyage un voyage intérieur. si vous voyagez intérieurement , vous parcourrez le monde entier et au-delà.
  7. Les sages-femmes savent que lorsqu'il n'y a pas de douleur, la voie ne peut être ouverte pour le bébé et la mère ne peut donner naissance. De même, pour qu'un nouveau "soi" naisse, les difficultés sont nécessaires. Comme l'argile doit subir une chaleur intense pour durcir, l'amour ne peut être perfectionné que dans la douleur!
  8. La quête de l'Amour nous change. Tous ceux qui sont partis à la recherche de l'Amour ont mûri en chemin. Dès l'instant où vous commencez à chercher l'Amour, vous commencez à changer intérieurement et extérieurement.
  9. Il y a plus de faux gourous et de faux maîtres dans ce monde que d'étoiles dans l'univers. Ne confonds pas les gens animés par un désir de pouvoir et égocentrisme avec les vrais mentors. Un maître spirituel authentique n'attirera pas l'attention sur lui (ou sur elle), et n'attendra de toi ni obéissance absolue ni admiration inconditionnelle, mais t'aidera à apprécier et admirer ton "moi" intérieur. Les vrais mentors sont aussi transparent que le verre. Ils laissent la Lumière de Dieu les traverser .
  10. Ne tente pas de résister aux changements qui s'imposent à toi. Au contraire, laisse la vie continuer en toi. Et ne t'inquiète pas que ta vie soit sens dessus-dessous. Comment sais-tu que le sens auquel tu es habitué est meilleur que celui à venir.
  11. Dieu s'occupe d'achever ton travail, intérieurement et extérieurement. Il est entièrement absorbé par toi. Chaque être humain est une oeuvre en devenir qui, lentement mais inexorablement, progresse vers la perfection. Chacun de nous est une oeuvre d'art incomplète qui s'efforce de s'achever.
  12. Il est facile d'aimer le Dieu parfait, sans tache et infaillible qu'il est. Il est beaucoup plus difficile d'aimer nos frères humains, avec leurs imperfections et leurs défauts. Sans aimer les créations de Dieu, on ne peut sincèrement aimer Dieu.
  13. La seule vraie crasse est celle qui emplit nos coeurs. Les autres se lavent. Il n'y a qu'une chose que l'on ne peut laver à l'eau pure: les taches de la haine et du fanatisme qui contaminent notre âme. On peut tenter de purifier son corps par l'abstinence et le jeûne, mais seul l'amour purifiera le coeur!
  14. Tout l'Univers est contenu dans un seul être humain: toi! Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n'aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés... si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme supérieure de conscience. Quand une personne se connaît, elle connaît Dieu.
  15. Nous avons tous été crées à Son image, et pourtant nous avons tous été crées différents et uniques. Il n'y a jamais deux personnes semblables: si Dieu avait voulu que tous les hommes soient semblables, Il les aurait faits ainsi. Ne pas respecter les différences équivaut donc à ne pas respecter le Saint Projet de Dieu.
  16. Quand un homme qui aime sincèrement Dieu entre dans une taverne, la taverne devient sa salle de prière, mais quand un ivrogne entre dans la même salle, elle devient sa taverne. Dans tout ce que nous faisons, c'est notre coeur qui fait la différence, pas les apparences. Les soufis ne jugent pas les autres à leur aspect ou en fonction de ce qu'ils sont. Quand un soufi regarde quelqu'un, il ferme ses deux yeux et ouvre le 3e: l'oeil qui voit le royaume intérieur.
  17. La vie est un prêt temporaire, et ce monde n'est qu'une imitation rudimentaire de la Réalité. Seuls les enfants peuvent prendre un jouet pour ce qu'il représente. Les adultes, soit s'entichent du jouet, soit, irrespectueux, le brisent et le jettent. Dans cette vie, gardez-vous de tous les extrêmes, car ils détruisent votre équilibre intérieur. Les Soufis ne vont pas aux extrêmes: un Soufi reste toujours clément et modéré.
  18. L'être humain occupe une place unique dans la création de Dieu "J'ai insufflé Mon esprit en lui", dit Dieu. Chacun d'entre nous sans exception est conçu pour être l'envoyé de Dieu sur terre. Demandez-vous combien de fois vous vous comportez comme un envoyé, si cela vous arrive jamais? Souvenez-vous qu'il incombe à chacun de nous de découvrir l'esprit divin en nous et de vivre par lui.
  19. Le destin ne signifie pas que la vie a été strictement prédéterminée. En conséquence, tout laisser au sort et ne pas contribuer activement à la musique de l'Univers est un signe de profonde ignorance. Il existe une harmonie parfaite entre notre volonté et l'Ordre de Dieu. Le destin n'est pas un livre qui a été écrit une fois pour toutes. C'est une histoire dont la fin n'est pas décidée, qui peut prendre beaucoup de voies différentes.
  20. L'Univers est un seul être. Tout et tous sont liés par des cordes invisibles en une conversation silencieuse. La douleur d'un homme nous blessera tous. La joie d'un homme fera sourire tout le monde. Ne fais pas de mal. Pratique la compassion. Ne parle pas dans le dos des gens. Évite même une remarque apparemment innocente! Les mots qui sortent de nos bouches ne disparaissent pas, ils sont éternellement engrangés dans l'espace infini, et ils nous reviendront en temps voulu...
  21. Le vrai soufi est ainsi fait que, même quand il est accusé, attaqué et condamné injustement de tous côtés, il subit avec patience, sans jamais prononcer une mauvaise parole à l'encontre de ses critiques. Le soufi ne choisit jamais le blâme: comment peut-il y avoir qui que ce soit à condamner, quand il y a qu'Un?
  22. L'enfer est dans l'ici et le maintenant. De même que le ciel. Cesse de t'inquiéter de l'enfer et de rêver du Ciel, car ils sont tous deux présents dans cet instant précis. Chaque fois que nous tombons amoureux, nous montons au ciel. Chaque fois que nous haïssons, que nos envions ou que nous battons quelqu'un, nous tombons tout droit dans le feu de l'enfer.
  23. Le passé est une interprétation. L'avenir est une illusion. Le Monde ne passe pas à travers le temps comme s'il était une ligne droite allant du passé à l'avenir. Non, le temps progresse à travers nous, en nous, en spirale sans fin. L'éternité ne signifie pas le temps infini, mais simplement l'absence du temps. Si tu veux faire l'expérience de l'illumination éternelle, ignore le passé et l'avenir, concentre ton esprit et reste dans le monde présent.
  24. Rien ne devrait se dresser entre toi et Dieu. Ni imam ni prêtre, ni maître spirituel, pas même ta foi! Crois en tes valeurs et tes règles, mais ne les impose jamais à d'autres. soi ferme dans ta foi, mais garde ton coeur aussi doux qu'une plume! Apprends la Vérité, mon ami, mais ne transforme pas tes vérités en fétiches.
  25. Ce monde est érigé sur le principe de la réciprocité. Ni une goutte de bonté ni un grain de méchanceté ne resteront sans réciprocité. Ne crains pas les complot, les traîtrises ou les mauvais tours des autres. Si quelqu'un tend un piège, souviens-toi,  Dieu aussi. C'est lui le plus grand comploteur. Pas une feuille ne frémit sans que Dieu le sache. Crois cela simplement. Quoi que Dieu fasse, Il le fait merveilleusement!
  26. Alors que les parties changent, l'ensemble reste toujours identique. Pour chaque voleur qui quitte ce monde, un autre naît. Et chaque personne honnête qui s'éteint est remplacée par une autre. De cette manière non seulement rien ne reste identique, mais rien ne change vraiment! Pour chaque soufi qui meurt, un autre naît, quelque part...
  27. Frères,supportez la douleur, Fuyez le poison de vos pulsions. Le ciel s'inclinera devant votre beauté, si vous le faites... C'est ainsi qu'une épine devient rose. Le particulier rayonne avec l'universel.
  28. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs que Dieu accorde à ceux-là sur celles-ci (dit le Coran) et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes, et protègent ce qui doit être protégé pendant l'absence de leurs époux, avec la protection de Dieu. Quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez les. Si elles arrivent à vous obéir ne cherchez plus de raison contre elles, car Allah est, certes, Haut et Grand! Ce verset coranique est interprété par un Soufi comme suit: Les hommes sont les soutiens des femmes car Dieu a donné à certains plus de moyens qu'à d'autres, et parce qu'ils dépensent leurs richesses (pour subvenir à leurs besoins). Les femmes qui sont vertueuses sont donc obéissantes à Dieu et préservent ce qui est caché, comme Dieu l'a préservé. quant aux femmes que vous sentez rétives, parlez leur gentiment  puis laissez les seules au lit (sans les molester) et venez au lit avec elles (si elles le souhaitent). Si elles s'ouvrent à vous, ne cherchez pas d'excuses pour les blâmer, car Dieu est, certes, Haut et Grand.
Voilà: dégustez bien ces belles paroles, méditez-les (le mois de Ramadan s'y prête bien), essayez de vous en inspirer dans vos relations quotidiennes avec vos proches, faites l'effort sur vous de les intégrer (même partiellement) dans vos attitudes et comportements de tous les jours, vous verrez, la vie devient soudain comme une belle chanson d'amour!...
Encore faut-il que  votre entourage vous suive dans ces apaisantes méditations...Alors bon plaisir et bonne fin de Ramadan!     


mercredi 27 juin 2012

LE FANTÔME DE TAHA HUSSEIN DANS LES CIEUX, OBSERVE L’EGYPTE D'AUJOURD'HUI ET...SOUPIRE DE DÉPIT

(Ceci est une réflexion posthume -- de ma propre imagination! -- qui pourrait effleurer l'esprit critique de notre éminent et immortel Taha Hussein, du coin du ciel d'oú il observe sa chère patrie ...
Il scrute avec dépit, du haut du nuage où il se trouve, le triste spectacle qui se déroule sous ses pieds et fulmine en s'adressant à son peuple) :


Je suis indigné et amèrement déçu par tant :

    de misère!
    d’obscurantisme religieux !
    de révolutions avortées !...

  
En m’en allant à mon inéluctable destin, j’ai laissé derrière moi une Egypte :
·         Rayonnante par sa culture, ses hommes de lettres et ses universités prestigieuses…
·         Instruite et éveillée aux idées nouvelles venues de l’Occident, qui déjà faisaient florès…
·         Sereine et assumant avec dignité la relève après le départ des Anglais, et vivant en symbiose la diversité des cultes et des traditions qui la composent, sans préjugés…
·         Entamant calmement et résolument des réformes politiques qui devraient lui ouvrir la voie à la modernité et au leadership, dans un monde Arabe en pleine ébullition, doublement engagé dans des combats anticolonialistes qui se généralisent, et dans la nécessaire assimilation des « legs culturels » laissées par les anciennes puissances  coloniales…

Presque 100 ans après, que reste-t-il de cette image d’Epinal d’une Egypte en phase avec son temps et ouvrant la marche (pour d'autres pays de la région) vers la Modernité ?
La dérive des Présidents peu scrupuleux (des intérêts de la Nation), et l’accumulation des retards dans la réalisation des projets sociaux-économiques dignes des attentes des citoyens (abandonnés à leur sort) ont tué dans l’œuf, l’espoir et les ambitions des générations montantes…Quel gâchis!
·         Est-ce digne de l’impressionnant retentissement historique que nous ont légué nos très lointains aïeuls, les Pharaons ?
·         Est-ce digne de l’héritage plus proche (en Droit juridique et en Technologie) que nous ont légué les puissances étrangères franco-britannique qui ont introduit dans le pays un savoir-faire indéniable? 
·         Que sont devenus les emblèmes incomparables de notre patrimoine national représenté par :
     nos éminents Intellectuels, dans la diversité de leur art,
     nos légendaires Universités, dans la diversité de leurs disciplines,
     nos prestigieuses Publications de Presse qui ont traversé le temps?…

Est-ce utopique de penser que l’Egypte, grâce à son terreau très riche en ressources fécondes et diversifiées bien enracinées depuis la nuit des temps, peut parfaitement participer à la marche exaltante de ce siècle naissant ? Ne peut-elle pas, dans un Moyen-Orient tourmenté (et appuyée sur ses fondations séculaires) montrer la voie  à suivre en matière de progrès social et de développement économique, grâce à ses alliances extérieures et son génie propre ? Elle qui a tant donné au Monde au plan de la littérature, de la poésie et de l’art scriptural ? Est-il inscrit dans ses gènes que l’exercice du pouvoir par ses propres citoyens est incompatible avec le progrès, voire avec la démocratie ? Que le Pouvoir en Egypte ne peut être que militaire ?

Là s'arrêtent les justes réprimandes de notre "cher disparu", adressées à son Egypte natale , pour laisser place à mes propres jugements :

Et en effet, notre regard sur l'Egypte d'aujourd'hui est mêlé de ressentiment et de scepticisme...  
Mais des prémices de changements sont en train de se produire en ce moment même: regardons de près ce qu'y se passe : notre chère Egypte semble ouvrir une nouvelle page de son histoire…Est-elle seulement consciente des regards (sceptiques) du monde entier qui l’interpellent sur ses capacités à relever les défis qui l’attendent ? Est-elle prête à gagner tout ce temps perdu ?


·         Son nouveau Président  M.Morsi, est-il capable de fédérer les Egyptiens, toutes classes confondues, toutes cultures réunies, pour entamer l’hypothétique redressement social et économique tant attendu, sans avoir recours à la démagogie et à l’obscurantisme religieux ?
·         A-t-il le courage politique et l’adhésion populaire nécessaires pour affronter les réticences des courants islamistes radicaux et les pressions autoritaires de l’armée qui attend de lui la mise en œuvre (difficile mais nécessaire) de véritables réformes dans le redressement économique du pays? Va-t-il œuvrer pour répondre aux appels de la Place Tahrir qui revendique depuis le début de la révolution un régime démocratique qui respecte les droits de l’homme, et place l'amélioration socio-économique parmi les principales priorités du nouveau pouvoir?
·         Peut-il sauver « la Mère du Monde » d’une guerre civile annoncée, si les troublions salafistes (encouragées par les calculs « à la petite semaine » des démagogues militaires) s’avisaient de s’en mêler pour barrer le chemin à toute velléité de réforme juste et équitable engagée par son Gouvernement ?
·         A-t-il la volonté, dans l’intérêt supérieur de l’Etat, de renoncer aux  redondances sur l’Islam (religion à laquelle adhère plus de 90 % de la population!) pour s’occuper à plein temps des vrais dossiers qui génèrent la misère et la discorde parmi les populations déshéritées?

Toutes ces questions brûlantes qui taraudent l'esprit de tout honnête citoyen de ce "grand pays " qui nous est cher, méritent une réponse appropriée de la part du Président élu.

Et comme si notre "cher disparu" lisait dans mes pensées, il semble acquiescer et me répond :  
.
Je voudrais bien vous suivre dans votre raisonnement et laisser au nouveau Président M.Morsi, le temps d'élaborer une politique réaliste qui tienne compte des attentes exprimées par le peuple en révolte. 

Et je lui dis de bonne foi:" bonne chance! Et croyez-moi, je prierai pour vous jour et nuit, de là haut !... Si tant est que votre objectif sincère est de servir votre pays honnêtement... "
Mais si vous jouez avec le destin de notre Grande Nation, Dieu et son Prophète ne vous le pardonneront  jamais, et vous subirez les affres de l’Enfer! J'y veillerai de là haut !!
Et, perché au fond des cieux,  je surveillerai votre conduite et vos réalisations : et vous sermonnerai à l'occasion, car, pour ne rien vous cacher, je n'ai pas trop confiance en vous! Peut- être parviendrez-vous à démentir tous les préjugés dont vous faites l'objet dans l'opinion publique? Et neutraliser mon scepticisme...
Mais pour cela, il faut passez les intérêts de la Nation avant les vôtres propres... En attendant, je veux bien vous accorder le bénéfice d'un avis favorable (puisque la volonté populaire s'est exprimée). Jusqu'à preuve du contraire?!      

mercredi 18 avril 2012

LA GOUTTE QUI FAIT DÉBORDER LE VASE!



Nous assistons en ce moment au Maroc, et alors que l’euphorie de la période de grâce du Gouvernement  « PJDiste » est révolue, à un glissement  insidieux et préoccupant vers « l’hégémonie  islamiste » sur le paysage socioculturel du pays dans sa globalité, avec l’intention de le convertir, certes à petites doses, mais méthodiquement , à une espèce de culture à caractère religieux  et idéologique qui ferme la porte à toute assimilation à une culture étrangère, fût-elle novatrice ou progressiste…

 Le signe le plus « parlant » qui transparaît ces derniers jours dans les commentaires de presse est l’annonce par le ministre El Khalfi (PJDiste) des nouveaux cahiers des charges que le ministère de tutelle veut faire appliquer aux chaînes de TV et Radios nationales.

Je ne veux pas entrer dans le détail des nouvelles options rétrogrades proposées par le ministre, les médias nationaux en ont fait un long fleuve de commentaires et de critiques bienvenus, depuis une semaine…

Ce qui m’ennuie dans la situation présente, c’est le principe même qu’un ministre, quelle que soit sa filiation politique, puisse dicter des grilles de programmes à des chaînes TV publiques (et à plus forte raison privées) alors que c’est la fonction (et la responsabilité) première des Directeurs de Chaînes nommés à cet effet. Depuis quand les ministres peuvent-ils se permettre de «pondre» des lois et règlements « entre quatre murs » et s’adresser directement aux médias pour les faire connaître, sans passer par le Conseil de Gouvernement ou par le Parlement pour en débattre d’abord ? Que je sache, nous ne sommes pas en Corée du Nord (ou sous un régime stalinien !) pour adopter des lois pour le seul motif que la raison (obscure) d'un ministre l’exige !
Et par ailleurs, depuis quand un fonctionnaire désigné à la tête d’un service public, dont il assume la pleine responsabilité, doit être inamovible, et exercer à vie sa fonction?! Alors même que des manquements flagrants dans sa gestion de l’entreprise dont il a la charge apparaissent au grand jour ! (Je veux parler des directeurs de chaines TV et radios publiques qui, malgré leur criarde incompétence, se voient maintenir en poste, indûment, depuis leur nomination voici quelques décennies!...).

 D’autre part, (et m'adressant à vous PJD) et sur un autre registre, (dans cette ambiance de religiosité frileuse que vous avez instaurée chez nous à l'insu de notre plein gré!) depuis quand des Imams farfelus, dont la légitimité (entachée par leurs infâmes lubies) reste à prouver, peuvent-ils « proclamer des fatwas » décadentes (autoriser le mariage des fillettes de 9 ans !, encourager les femmes célibataires à satisfaire leurs désirs sexuels en recourant au « bac à légumes ! » , ou demander l'emprisonnement d'un ministre pour avoir soutenu au Parlement le principe de l’égalité des femmes et des hommes ! etc.etc.) sans soulever la moindre objection de votre part, vous qui prétendez défendre les valeurs morales et vertueuses de l'Islam, alors que celui-ci n'a jamais ordonné le mariage des fillettes de 9 ans ni suggéré aux femmes célibataires de satisfaire leurs fantasmes sexuels en recourant à des subterfuges saugrenus...). Ni d'ailleurs susciter la moindre réaction des autorités religieuses du Pays dont la mission naturelle et évidente est de blâmer toutes dérives parasitaires dans le débat public, entachant l'esprit et la lettre du Message coranique ...
En outre, depuis quand un État qui bénéficie des biens faits de Imarat-Al-Mouminine, laisse-t-il la porte ouverte à des charlatans pour produire et diffuser des fatwas contraires aux principes élevés et vertueux de l’Islam sans le passage obligé par le Conseil des Oulamas ?

 Et depuis quand, dans un Gouvernement qui se respecte, des ministres peuvent-ils se livrer à des déclarations discordantes sans que le Chef du Gouvernement ne mette un holà à leur cacophonie, pour imposer une discipline de bon aloi, susceptible de donner plus de crédibilité à l’ action de l’Exécutif, face à une opinion publique partagée entre le doute et le mépris ?

Enfin, pourquoi vouloir imposer aux Marocains une vision unique dans le choix de leur culture générale ou de leur comportement dans la société qui est la leur, façonnée par la diversité des goûts et des penchants, nourris par des siècles d’histoire ? Cette société est musulmane depuis Moulay Idriss 1er, et n’a pas besoin de nouveaux venus pour lui apprendre à vivre leur foi en toute sérénité, en harmonie avec l’air du temps, marqué par l’ouverture et le partage des cultures, dans le respect des traditions respectives des uns et des autres. Ce Maroc est la propriété de tous les Marocains (n’en déplaise à certains manipulateurs), et ne peut se soumettre à des « clans de gourous » qui peuvent en disposer comme ils l’entendent! Au besoin, le Peuple peut renvoyer ces clans d’où ils viennent à l’occasion des élections, comme le prévoit la Constitution !

Heureusement, la Lettre Ouverte adressée par l’ex Ministre Ahmed Réda Chami (USFP) au Ministre Péjidiste El Khalfi, a clos les débats suscités par les recommandations de celui-ci aux chaînes TV relatives aux cahiers des charges (dont elles ont reçu la consigne de respecter les options sans autre forme de procès!)

Néanmoins, la teneur modérée et le ton digne (sans excès aucun) de la missive, m’a laissé sur ma faim, tellement j’en voulais à ce Gouvernement  qui nous a « trompé » tous tant que nous sommes, au moment où nous l’attendions sur d’autres registres, plus urgents, de part leur impact dans la vie quotidienne des citoyens que nous sommes : comme le Département de la Justice, la politique de l’Emploi, la Restructuration du Système Éducatif (pilier de l’Identité Nationale!) ou la Réforme impérative du Statut du Journalisme qui mettra fin à « la chasse aux sorcières » dont sont victimes, souvent à leur corps défendant , certains journalistes et médias marocains aujourd’hui.

Messieurs les Ministres (sous la Nouvelle Constitution) et à votre tête, Monsieur le Chef du Gouvernement Benkirane, montrez-nous vos savoir- faire dans les registres très sensibles qui touchent de près les citoyens que nous sommes, au lieu de vous attarder sur des dossiers périphériques, qui peuvent trouver leur solution par d’autres moyens que le diktat ! Montrez votre pugnacité à résister aux pressions du système makhzénien de gouvernance qui semble vous avoir gagné à sa dévotion (comme vos prédécesseurs), alors que vous nous avez promis monts et merveilles quand vous étiez encore dans l’opposition…

 








Nous nous sommes trompés peut-être sur vos capacités à redonner à la vie politique au Maroc un air de renouveau et  de performance dont elle a tant besoin en ce moment de son histoire... 5 années c’est long, et vous n’êtes qu’au début de vos peines ! Vous ne semblez pas mesurer à sa juste valeur l’effort nécessaire pour surmonter la crise économique majeure qui pointe son bout de nez au Maroc, ni les compétences et l’expertise indispensables pour mener à bien les multiples Réformes qu’espère la majorité des Marocains qui vous ont accordé leurs suffrages…Peut-être votre meilleure place dans l’échiquier  politique du Pays est dans l’opposition ?

 Alors, soyez dignes de notre confiance, et avouez votre impuissance  à entreprendre les réformes qu’attendent tous les Marocains de pieds fermes depuis votre arrivée au Pouvoir, en déclarant forfait face à l’obstruction du Makhzen, si vous jugez qu’il est responsable du blocage où vous vous trouvez (malgré vous?). Si tel est le cas, ayez le courage de pointer du doigt le véritable responsable de votre immobilisme dans la gestion des affaires de l'Etat, et prenez vos distances!
Et s'il le faut, ayez le courage de démissionner, et ce faisant, votre sincérité vous vaudra du crédit auprès de l’opinion publique, qui garde encore une parcelle d’estime pour votre "bonne volonté" à assumer vos responsabilités jusqu'au bout.
Peut-être la prochaine fois sera la bonne pour vous, à condition de ne pas vouloir nous reconvertir  à l’Islam, nous sommes tous musulmans depuis 12 siècles !