A L'OMBRE DE TAHA HUSSEIN

UN CITOYEN QUI S'INTERESSE A LA MARCHE DU SIECLE

samedi 6 août 2011

REPONSE A ANONYME 2 (3 août 2011)

Bonjour Anonyme 2,
Je suis désolé, je n'arrive pas à publier ma réponse à votre commentaire. C'est pourquoi je la transmets à travers ce post , à votre intention:
Je viens de lire votre commentaire à mon post (réponse à Anonyme/post Basri est mort vive Basri!) qui m'a laissé un peu sur ma faim, je l'avoue... S'agissant de votre "théorie sur la monarchie, je m'attendais à plus amples développements, mais ce fut court et réducteur.
Au risque de vous décevoir mon cher ami, je reste quant à moi plus circonspect. En observant le monde qui nous entoure, que voyons-nous? D'un côté il y a le monde arabe, avec ses régimes pourris et chancelants, à majorité républicaine ! Et de l’autre, le monde occidental, solidement construits sur des  démocraties bien établies, dont les plus représentatives sont des monarchies : l’Angleterre, les Pays-Bas, la Belgique, les Pays Scandinaves et la toute dernière dans l’histoire, l’Espagne !
 Donc, à mon sens la monarchie n’est pas le problème, mais le système sur lequel repose le pouvoir en général. Celui-ci, dans le monde occidental, est basé sur l’alternance politique, la liberté d’opinion et des élections libres et périodiques (tous les 5 ans), propres et transparentes. Chaque courant politique a la chance de mettre à l’épreuve ses idées-force. Dans le monde arabe, les dirigeants arrivent au pouvoir après des coups d’état (militaires ou civils), pratiquent le despotisme à outrance et accaparent les richesses du pays sans vergogne. Leur règne se conçoit dans la durée. D’où cette incongruité : la majorité des dirigeants arabes ont plus de 20 ans de règne (et les plus anciens d’entre eux ont été destitués par la volonté populaire, et les plus psychopathes continuent à s’accrocher désespérément au pouvoir à coup de meurtres collectifs…voir Kadhafi, Assad, Ali Saleh etc.). Et regardons leur bilan…de véritables catastrophes!
La monarchie marocaine aurait pu évoluer différemment avec l’avènement de M6. Certes, il a montré des signes tangibles de changement (par rapport à son père), mais parce que la génération de Hassan II est toujours  aux postes-clef du pouvoir, (malgré l’arrivée de quelques jeunes loups dans la foulée de M 6) ces changements sont freinés par le système makhzénien (les rescapés fantômes de l’ère Hassan II) ou sont timorés par rapport à l’attente de l’opinion…Le temps aidant et la pression des jeunes d’aujourd’hui (le mouvement du 20 Novembre entre autres), avec tout le débat novateur qui en est résulté, toute cette vague d’espérance qui est  en marche ne peut qu’augurer des échéances productives…C’est ma conviction !
Et en poussant  plus loin mon raisonnement, je ne vois, (et alors pas du tout) aucune personnalité importante marocaine, capable d’incarner légitimement la présidence de la République (dans un consensus populaire assumé) comme vous le souhaitez, acceptant de se soumettre aux suffrages populaires régulièrement, et cédant le cas échéant sa place à d’autres prétendants que lui, sans tripatouillages, magouilles et manipulations savantes...
C’est cela que l’on appelle la Démocratie (dans le monde occidental)  mais qui n’est pas  (encore !) programmée dans les « gènes » des régimes arabes !        
Quant à la religion (les islamistes), c’est une question d’époque et de tempérament : l’islam « se pratiquait » sereinement et sans tambour battant jusqu’à l’arrivée de Khomeiny au pouvoir…A partir de là, la religion est devenue un instrument — indispensable et emblématique— de pouvoir…
Comme les pays arabes vivaient sous des régimes arbitraires et sans concession, « les nouvelles » oppositions (pour  bousculer les régimes en place) ont instrumentalisé la religion à des fins politiques. Et pour survivre, elles ont radicalisé le contenu du message islamique et propagé une idiologie obscurantiste mettant plus en avant les rites et les apparences (révisés et bonifiés pour plus de vigueur à leurs théories) que le fond du message lui-même; et ce faisant, elles ont placé les régimes  dans des positions de défense, où leur seule survie est la surenchère ou la persécution ! Voire l’élimination pure et simple! Le Maroc n’a pas échappé à cette règle, même si elle fut étouffée par  Imarat Al Mouminine (le Roi est garant et protecteur de la religion) qui est la caractéristique de notre monarchie.
De là à considérer que la monarchie (au Maroc) est un mal nécessaire je ne suis pas loin de le penser, objectivement. Elle porte (à l’évidence) des germes de transformations, même si elles nous paraissent timides et lentes encore. A choisir entre le bien et le mieux, mon choix est clair : je préfère des changements légitimes et par étapes, qu’un bouleversement chaotique qui perdure…même s’il est annonciateur de renouveau !

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