A L'OMBRE DE TAHA HUSSEIN

UN CITOYEN QUI S'INTERESSE A LA MARCHE DU SIECLE

lundi 18 avril 2011

UNE GENTILLESSE EST TOUJOURS LA BIENVENUE POUR NOS RETRAITÉS

Lettre ouverte aux membres du Gouvernement, aux membres du Parlement et aux ONG qui œuvrent pour la Dignité des citoyens.










LA PATRIE DOIT ÊTRE BIENVEILLANTE ET RECONNAISSANTE POUR SES CITOYENS MÉRITANTS QUE SONT LES RETRAITÉS !




Les fonctionnaires Retraités du Maroc méritent cette sollicitude — même tardive — de la part de leur pays, où l’Etat est plus connu pour être « implacable » quand il s’agit de « prendre », qu’enclin à des « états d’âme » quand il s’agit de « donner »…

 De quoi s’agit-il au juste ?

Les régimes de retraites au Maroc sont ce qu’ils sont ! C’est-à-dire le parfait miroir de nos faiblesses (dans le secteur public) et nos égoïsmes (incivisme !) dans le secteur privé.

 Nous n’y pouvons rien changer… Seul un sursaut national de Solidarité et de Justice Sociale peut modifier la donne. Mais nous en sommes loin aujourd'hui.

Or, voici que précisément, l’actualité immédiate nous livre l’occasion inespérée de corriger ces injustices :

 N’est-ce pas un signe de bon augure que l’Appel Royal du 9 Mars (sur impulsion du Mouvement du 20 Février) en initiant un débat national sur les Réformes nécessaires (dans le Maroc moderne) ouvre des perspectives prometteuses à tous les « oubliés » dans ce Maroc en mouvement.

Et parmi ces oubliés, les fonctionnaires Retraités (qui représentent une minorité « en voie d’extinction » par la force des choses!) ne méritent-ils pas un brin de reconnaissance avant leur « départ définitif »?

 N’ont-ils pas donné le meilleur de leur âge (de leur énergie ?) et de leur savoir-faire (en servant leur pays) avant de passer le relais aux générations suivantes ? N’étaient-ils pas les premières « fournées » de fonctionnaires appelées à la rescousse par un Maroc nouvellement indépendant (en pleine restructuration de ses fonctions administratives), pour assurer la relève (des Français) et asseoir sa souveraineté ?






 Dans ce cas là, est-il normal que les fonctionnaires aujourd’hui voient s’améliorer (même symboliquement) leurs revenus au fur-et-à-mesure de l’augmentation du coût de la vie, au cours de leur carrière, alors que les Retraités (fonctionnaires d’hier) ne peuvent que se résigner — la rage au cœur — à la stagnation de leurs pensions, face à la cherté de la vie, jusqu’à leur passage à trépas?! (Dans ce cas, ils auraient mieux fait de continuer de travailler jusqu'à 65 ans, au lieu de 'partir' à 60 ans!).

1. Quoi ? Ne consomment-ils pas les mêmes aliments, les mêmes articles ménagers, achetés dans les mêmes épiceries (ou les mêmes super-marchés) et payés aux prix du marché comme tout le monde?

2. Ne règlent-ils pas leurs factures de consommation d’Eau et d’Electricité, à l’identique que tous leurs concitoyens ?

3. Ne fréquentent-ils pas les mêmes médecins, ne payent-ils pas les mêmes médicaments, aux mêmes tarifs que tous les Marocains?

4. Ne payent-ils pas leur litre d’essence et leur Assurance-voiture aux mêmes coûts que tout le monde ?

 Naturellement que OUI !

Alors pourquoi cette discrimination dans le traitement ? (Une pension immuable chez les uns, un salaire en amélioration chez les autres).

Sont-ils des citoyens de seconde zone ?

 Évidemment que NON !

Alors quelles sont les solutions pour remédier à cette injustice ?

A - ABUS DANS LES RETENUES FISCALES

Prenons tout d’abord le cas des prélèvements fiscaux effectués sur les pensions des fonctionnaires Retraités.

Et commençons par reconnaître qu’il y a deux catégories (bien distinctes) de Retraités au Maroc.

1) Les Retraités « haut de gamme », composés d’anciens Directeurs d’entreprises privées, d’ex hauts agents de l’Etat et d’anciens cadres supérieurs de la fonction publique (ou du secteur privé) qui vivent très dignement, grâce à leur "généreuses" souscriptions aux différentes caisses de retraite ou d'assurances privées (pour complément de retraite), et n'ont besoin d'aucune aide extérieure...et c'est tant mieux pour eux !

2) Et il y a des Retraités « bas de gamme » que constitue la grande majorité de pensionnaires qui (malgré souvent le cumul de 2 pensions CNSS et caisse complémentaire de retraite) ne parviennent pas à « boucler leurs fins de mois » du fait d’une pension qui s’avère (malgré tout) insuffisante à combler les « harcèlements » de la vie chère quotidienne…






Présenté ainsi, d’où vient le mal et qui en est responsable alors ?

 Eh bien le mal vient de la « voracité » de la Direction des Impôts (de certains de ses agents zélés) qui considèrent que 2 prélèvements d’impôts (à la source) sur les 2 pensions cumulées de certains fonctionnaires Retraités ne suffisent pas à « assouvir la boulimie » de l’Administration publique ! Il leur faut un 3ème prélèvement (peut-être même un 4ème dans le futur !) en inventant une 3ème tranche de revenus (qui résulterait du cumul des 2 reliquats de pensions servis, après les prélèvements préliminairement effectués à la source) ! Et sûrs de leur coup, ils donnent un délai très court aux contribuables "récalcitrants"pour s'exécuter. Je vous fais grâce des "représailles"prévues en cas de non conformité aux instructions fiscales énoncées par la "redoutable" Direction des Impôts...





 Faut-il s’acharner à ce point sur le « pauvre fonctionnaire Retraité » qui s’est acquitté sa vie durant de tous ses devoirs fiscaux (à la source, parce que tous les revenus des fonctionnaires sont sous contrôle de l’Etat) alors que de larges pans du secteur privé continue de bénéficier de l’indulgence de cette même Administration fiscale ?!





Le bon sens nous suggérerait que NON !

Alors pour commencer, pourquoi ne pas décider déjà (comme première solution aux récriminations justifiées des fonctionnaires Retraités) LA SUPPRESSION pure et simple de cette 3ème tranche d’impôts (cumul des reliquats des pensions servies, après les prélèvements de base effectués à la source) ?

 Ce serait une initiative louable et légitime : le Retraité considère qu’il ne doit pas « se placer » au-dessus de ses concitoyens (il s’acquitte comme tout le monde de ses devoirs fiscaux, grâce aux prélèvements directs effectués par les caisses de retraite) mais il ne veut pas être « la vache à traire » de la Direction des Impôts, et partant des appétits boulimiques de l’Etat !

B-AVANTAGES COMPENSATOIRES

Les pouvoirs publics doivent se pencher avec bienveillance sur le sort des fonctionnaires Retraités (moteurs du développement socio-économique quand ils étaient actifs), afin de leur assurer (et c’est le moins que peut faire l’Etat) une fin de vie digne. Ces Retraités qui ne bénéficient d’aucune amélioration de leur pension, malgré les vagues successives d’augmentation des coûts de la vie !

Nous avons tous dans la famille un père, un oncle, une mère, une tante, un frère, une sœur à la retraite, et nous assistons impuissants et au quotidien à leur détresse parce que contraints de subir une dégradation irrémédiable de leur train de vie, car avec l'avancement de l'âge, leur pension ne peut plus leur assurer des conditions de vie convenables.

Outre qu’il ne faut pas les « charger » par des ponctions fiscales abusives, il faut, pour soulager leur peine à faire face au coût de la vie (toujours en augmentation) leur accorder quelques avantages substantiels, comme mesures compensatoires pour alléger leurs soucis pécuniaires de fins de mois.

Pourquoi ne pas envisager pour ces fonctionnaires Retraités un système de « Carte Privilège Retraité » qui donne droit à des réductions de tarif aussi bien dans les transports publics (bus, taxi, autocar, train et avion) dans les supermarchés (achats alimentaires), ou les cabinets médicaux et laboratoires d’analyse.

 Cette « carte » (identique aux cartes de crédit bancaire) parrainée et subventionnée par le Ministère des Finances, et délivrée par le Ministère de l’Intérieur (sur présentation de justificatifs prévus à cet effet) serait délivrée à des fonctionnaires retraités sous des conditions très strictes (qui restent à définir par le ministère des finances, et qui pourraient entre autres valoir aux bénéficiaires son retrait pur et simple en cas d’abus). La valeur pécuniaire de ces avantages pourraient être plafonnée par exemple à un montant annuel à déterminer...pour chaque catégorie de retraités, comme un seuil de "soutien national" à ne pas dépasser.

Elle pourrait se présenter en 3 formules (3 couleurs différentes) et concernerait exclusivement les retraités de la fonction publique, encore locataires de leur logement (et acquittant entre DH.2.000 et 4.000/mois de loyer) ou acquittant des traites bancaires mensuelles pour accéder à la propriété, à partir de DH.4000/mois (naturellement sous présentation de justificatifs).

1) Formule A : Pensions cumulées atteignant DH 10.000/mois
Réduction accordée dans les transports publics (20 %) dans les supermarchés (10% alimentaires / 10% Articles divers) et transport aérien (10%)

2) Formule B : Pensions cumulées se situant entre DH 10.000 et 20.000DH/mois
Réduction accordée dans les transports publics (10 %) et aérien (10%).

3)Pour tous les Retraités ayant moins de 10.000 DH/mois une 3ème formule pourrait leur permettre d’accéder à une réduction de 20% dans tous les cas de figure décrits plus-haut.

A première vue, cela ne manquera pas de surprendre… Des niveaux de pensions pareils !! De quoi se plaignent-ils?

 N’oublions pas qu’il s’agit d’ex fonctionnaires, les premiers de la fonction publique après l’indépendance du Maroc, ayant pour la plupart au moins 40 ans de service à leur actif, et ayant atteint en fin de carrière un train de vie convenable (compte-tenu de leur long parcours). Le fait qu’ils soient encore pour beaucoup d’entre-eux, les locataires de leur logement, indique bien leur loyauté et leur abnégation dans leur service à l’Etat. Ce qui mérite reconnaissance de celui-ci et des marques de bienveillance à leur encontre.

Voilà pourquoi nous considérons que ces fonctionnaires « pionniers » de notre Administration, méritent notre indulgence…En 40 ans de vie active, ils ont assez donné à l’Etat ! Et pour certains, ils ne sont même pas propriétaires de leur logement !

Mais si d’aventure, la réalisation sur « le terrain » de ces propositions posait problèmes ou révélait des impasses (complexité des formalités et multiplicité des intervenants) alors il serait de bon aloi d’envisager pour tous les fonctionnaires retraités (partis en retraite à partir de 2.000), une contribution fiscale totale de 10% maximum (pour ceux dont les pensions cumulées atteignent ou dépassent les DH 20.000/mois, c.-à-d. en fait, une contribution toute symbolique !). Et l'exonération totale pour tous les autres pensionnaires! Naturellement, ces mesures ne concerneraient que les retraités encore locataires de leur logement (ou qui paieraient des traites pour l’accès à la propriété), et qui percevraient des pensions inférieures ou égales à DH.20.000/mois (sachant que dans la plupart des cas, les loyers en question dépassent les 4.000 DH/mois, et les traites bancaires pour l'accès à la propriété s'élèvent au-dessus des 5.000 DH/mois).

Voilà ce que la Patrie bienveillante et reconnaissante devrait apporter aux Retraités (en tout cas à certaines catégories d’entre eux) comme témoignage de mérite (au moment où ils en ont le plus besoin). Ces citoyens « pionniers » (répétons-le), générations post-indépendance qui ont fourni le meilleur d’eux-mêmes pour servir leur pays, et contribuer activement à son développement et à son épanouissement.

Ces mêmes citoyens pour qui a été dédiée cette belle formule de sagesse :
« Gharassou fa akalna, wa naghrisso fa yakouloun ! »



« Ils ont planté des semences où nous avons puisé nos nourritures, à notre tour de semer pour les faire nourrir ! » (Traduction approximative qui ne rend pas le sublime sens du dicton arabe).

L'Etat reconnaît bien le mérite aux Résistants (morts dans leur lutte pour l'Indépendance de leur pays) et accorde bien des privilèges à leur famille (veuves et enfants orphelins). Les premiers Fonctionnaires de l'Etat nouvellement constitué après l'Indépendance, n'ont-ils pas livré une autre forme de "résistance", plus intellectuelle celle-là pour asseoir un cadre administratif probant, non seulement qui correspond à notre culture, mais surtout qui trace la voie à emprunter par les générations montantes?

A ce titre, ne méritent-ils pas aussi la reconnaissance et la sollicitude de l'Etat?

En conséquence, vous au Gouvernement, vous au Parlement, vous les Politiques, vous les Médias et vous les ONG, et surtout vous les Réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Blogosphère etc.) faites vos devoirs, agissez, chacun dans votre domaine propre, pour sensibiliser les pouvoirs publics à trouver les solutions appropriées à tous ces fonctionnaires Retraités (qui ont servi loyalement leur pays depuis son indépendance, et qui subissent les assauts de la vie chère, avec tous ses imprévus au quotidien) et qui méritent notre reconnaissance et notre solidarité, mais surtout notre contribution effective à l’amélioration de leur sort.

 Et n’oublions surtout pas que : NOUS SERONS TOUS DES RETRAITÉS DEMAIN !

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