A L'OMBRE DE TAHA HUSSEIN

UN CITOYEN QUI S'INTERESSE A LA MARCHE DU SIECLE

lundi 1 juillet 2013

EINSTEIN, LA SCIENCE ET…DIEU



LA FORMULE DE DIEU est un  roman paru la première fois en Portugais chez l’éditeur Gradiva en 2006, et traduit en Français chez Hervé Chopin en 2012 de l’auteur :
José Rodrigues dos Santos 
Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette de 20H au Portugal, il s’est imposé avec la Saga de Tomás Noronha, comme l’un des plus grands auteurs de romans historiques en Europe et aux États-Unis.

                                                   
Avec ce titre un rien « provocateur », le roman peut prêter à malentendu :
Qui peut prétendre « sonder l’Esprit » de Dieu ?

L’histoire de l’humanité est riche de ces illustres philosophes et savants scientifiques qui ont consacré leur vie durant à « questionner » les Mystères de la Vie, la Création de l’Univers, la Marche du Monde… et à chacune de leurs découvertes – aussi fondamentales soient elles dans la connaissance du « système » qui régit l’Univers dans son immuable mouvement – de nouvelles difficultés, voire de nouvelles énigmes surgissent de leurs recherches qui confirment à leurs yeux la Complexité de la CRÉATION !...
D’où le doute qui a toujours marqué leur relation à Dieu (en tout cas, tel que Le conçoivent les trois Religions Livresques).

Traquer la « MATIÈRE » et la soumettre à l’analyse rigoureuse des avancées de la Science pour en extraire « quelques bribes » de VÉRITÉ, et faire avancer la Recherche constituent leur MISSION prioritaire à laquelle ils se vouent corps et âme !

« La Formule de Dieu » semble être l'aboutissement inespéré de cette quête de la Vérité : par ce titre énigmatique, l’auteur nous laisse entendre que nos téméraires scientifiques ont « percé » le Mystère de Dieu, ou à tout le moins Ses « Signaux Cosmiques ».
A vrai dire, deux thrillers imaginatifs et fascinants, extrêmement  impliqués  dans l’actualité du monde (et brassant des épisodes d’Histoire contemporaine avec beaucoup de rigueur et d’à-propos) m’ont captivé à un point tel que je me sens  poussé  (par je ne sais quelle pulsion) d’en parler et de susciter chez d’autres lecteurs l’intérêt de les découvrir…

1. D’abord « Millénium », trilogie absolument inédite dans le genre thriller, écrit par le journaliste suédois Stieg Larsson, qui décrit ce côté sombre et imprévisible de l’homme : la cupidité absolue et son corollaire immédiat, la violence aveugle ! L’histoire se déroule en Suède (pourtant connue mondialement pour l’exemplarité de ses citoyens) et révèle implacablement et sans retenue certaines turpitudes de la Société Suédoise, méconnues jusque là du public.



                         
2. Et puis « La Formule de Dieu », une forme de thriller original, qui exalte quant à lui l’intelligence de l’homme qui peut le mener… jusqu’à Dieu ! c’est un roman qui mêle la Science  (dans ce qu’elle a de plus achevé : les Mystères de la Création) à une intrigue romancée teintée d’espionnage ! L’histoire se déroule conjointement au Portugal, en Iran et au Tibet, et met en scène la C.I.A., quelques scientifiques de renom et l’énigmatique Albert Einstein !

Si « Millénium » a tenté – et a réussi ! – de sonder une société « lisse » en surface, mais tourmentée et transgressive sous le « vernis », la « Formule de Dieu » va beaucoup plus loin et plus profond : les Mystères de la Création sont-ils la preuve de l’Existence de Dieu ?

Je laisse de côté « Millénium », qui est déjà paru en 2006 (Editions Actes Sud), ayant bénéficié d’une très large diffusion planétaire (traduction en plusieurs langues et représentations cinématographiques et télévisuelles) et n’a donc pas besoin de mes appréciations pour « exister » (fussent-elles magnifiées par ma passion "irrationnelle" pour la Suède). Je suggère néanmoins à ceux (peu nombreux peut-être) qui n’ont pas eu la chance de découvrir cet immense succès de librairie de se précipiter pour combler leur lacune…

Je m’intéresse plutôt à « La Formule de Dieu » qui lui, est une parution récente, d’une tout autre « atmosphère » et plonge dans un Univers hautement scientifique, voire « Divin »!
Voici en avant-goût, quelques extraits susceptibles d’émousser votre curiosité, choisis à travers des dialogues très « parlants », qui me paraissent résumer assez bien la trame du roman fleuve (575 pages !) du talentueux J.R Dos Santos.
D’abord quelques bribes de conversation à connotation politico-religieuse entre Ben Gourion et Einstein :

Pages 19, 21, 22, et 24
[…]
«
Comme vous le savez, je suis pacifiste, reprit Einstein. Il y a déjà tant de malheurs en ce monde, ce n’est pas la peine d’ en rajouter. Une telle arme procure un pouvoir redoutable et je ne sais pas si nous avons la maturité suffisante pour l’assumer.
Pourtant, c’est vous qui avez convaincu Roosevelt de développer la bombe.
C’était différent.
En quoi ?
La bombe, c’était pour combattre Hitler.
[…]
Vous savez, dans mon enfance, j’étais un garçon très religieux. Mais à 12 ans j’ai commencé à lire des livres scientifiques, ces bouquins de vulgarisation, je ne sais pas si vous connaissez…
Oui…
… et je suis arrivé à la conclusion que la plupart des histoires racontées dans la Torah n’étaient que des récits mythiques. J’ai cessé d’être croyant presque du jour au lendemain. Je me suis mis à réfléchir à la question et je me suis aperçu que l’idée d’un Dieu personnifié était quelque peu naïve, voire puérile.
[…]
Voyez-vous monsieur le Premier ministre, nous sommes l’une des millions d’espèces qui occupent la 3ème planète d’une étoile périphérique d’une galaxie moyenne comptant des milliards de millions d’étoiles, et cette galaxie elle-même n’est qu’une des milliards de millions de galaxies qui existent dans l’Univers. Comment voulez-vous que je crois en un Dieu qui se donnerait la peine, dans toute cette immensité aux proportions inimaginables, de s’intéresser à chacun de nous ?
[…]
Donc vous ne croyez pas en Dieu ?
Je ne crois pas au Dieu personnifié de la torah, non.
Vous croyez qu’il n’y a rien au-delà de la matière, c’est ça ?
Non au contraire. Il y a forcément quelque chose derrière l’énergie et la matière.
Alors vous croyez en quoi ?
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se manifeste dans l’ordre harmonieux de ce qui existe. J’admire la beauté et la logique élémentaire de l’Univers, je crois en un Dieu qui se révèle à travers cet Univers…
[…]
Professeur, pensez-vous qu’il soit possible de prouver l’existence de Dieu ?
Non, je ne le pense pas monsieur le Premier ministre. Il est impossible de prouver l’existence de Dieu, tout comme il est impossible de prouver son non-existence. Nous avons seulement la capacité de sentir le mystère, d’éprouver une sensation d’éblouissement  face au merveilleux système qui régit l’Univers.  »  

S’ensuit une cavalcade rocambolesque pour parvenir à décoder (à travers une longue série de rebondissements) « une formule » prétendument attribuée à Einstein et qui prouverait l’existence de Dieu.
 Et maintenant, un peu de romantisme distillé par le héros « malheureux » de l’intrigue (Tomás Noronha) avec la complicité d’une « instigatrice » Iranienne (Ariana) qui joue « l’intermédiaire » entre le « Bien et le Mal »
(pages 108, 109, 110)
[…]
«
Ah ! les femmes sont entrées au parlement ?
Oui, et pas seulement, vous savez ! Grâce aux réformistes, les femmes célibataires ont obtenu le droit d’aller étudier à l’étranger et l’âge légal du mariage pour les filles est passé à 9 à 13 ans. C’est à cette époque que je suis allée travailler à Ispahan, ma ville natale. Elle fit la moue. Le problème est que les conservateurs ont repris le contrôle du « Majlis » aux élections de 2004 et… je ne sais pas, nous attendons de voir ce que ça va donner. Déjà, j’ai été mutée d’Ispahan au ministère de la Science, à Téhéran.
Que faisiez-vous à Ispahan ?
Je travaillais dans une centrale.
Quel type de centrale ?
Une chose expérimentale. Peu importe.
Et on vient de vous muter à Téhéran ?
L’année dernière.
Pourquoi ?
Ariana se mit à rire
Je crois que certains hommes sont très traditionalistes et que ça les rend nerveux de travailler avec une femme.
Votre mari a dû être déçu par votre mutation, non ?
Je ne me suis pas remarié.
Alors votre petit ami.
Je n’ai pas de petit ami. Elle leva un sourcil. Mais qu’est ce-que ça veut dire ? Vous tâtez le terrain, c’est ça ? Vous cherchez à savoir  si je suis disponible ?
Le Portugais eut un éclat de rire.
Non, bien sûr que non. Il hésita. Enfin…oui.
Oui quoi ?
Oui je tâte le terrain. Oui je veux savoir si vous êtes disponible. Il se pencha en avant, les yeux brillants. Vous l’êtes ?
Ariana rougit.
Professeur, nous sommes en Iran. Il y a certains comportements qui…
Ne m’appelez pas professeur, ça me vieillit. Appelez-moi Tomás.
Je ne peux pas. Je dois sauver les apparences.
A ce point ?
Je ne peux montrer aucun signe d’intimité avec vous. En fait, je devrais vous appeler « agha » professeur.
Qu’est-ce que ça signifie ?
Monsieur le professeur.
[…]
Comme vous voudrez, soupira-t-il. Mais, dites-moi une chose. Comment les Iraniens voient-ils une femme comme vous, aussi belle, occidentalisée, divorcée, et vivant seule ?
En fait, je ne vis seule que depuis ma mutation à Téhéran. A Ispahan, je vivais avec ma famille.
Hum, murmura Tomás. Mais vous n’avez pas répondu à ma question. Comment vos compatriotes jugent-ils votre mode de vie ?
L’Iranienne inspira profondément.
Pas très bien, comme on pouvait s’y attendre. Vous savez, les femmes ici ont peu de droits. Quand la Révolution islamique a eu lieu en 1979, beaucoup de choses ont changé. Le port du « hijab » est devenu obligatoire, l’âge du mariage pour les jeunes filles a été fixé à 9 ans, et les femmes ont eu l’interdiction apparaître en public avec un homme qui n’est pas de leur famille ou de voyager sans le consentement de leur mari ou de leur père. La femme adultère est devenue passible de lapidation jusqu’à ce que mort s’en suive, y compris en cas de viol, et même le port incorrect du « hijab » encourt la peine de la bastonnade.
[…]
Vous êtes musulmane ?
Bien sûr.
Vous n’êtes pas choquée par la façon dont l’Islam traite les femmes ?
Ariana eut l’air décontenancée.
Le Prophète Mahomet a dit que les hommes et les femmes avaient des droits et des responsabilités différentes. Attention, il n’a pas dit que les uns avaient plus de droits que les autres, il a seulement dit différents. C’est la manière dont cette phrase est interprétée qui est à l’origine de tous ces problèmes.
Bien sûr que non. Mais ce que je crois n’a aucune importance. Cette société fonctionne comme elle fonctionne, et je ne peux rien faire pour changer les choses. »

S’ensuit là  encore, une escapade à rebondissements, mêlant emprisonnement, évasion, virée spirituelle et soucis familiaux qui débouchent sur la relance de la course infernale menée de front par le héros de cette intrigue haletante, le professeur Tomás Noronha, (éminent cryptologue Portugais dans le roman).

Et pour clore, voici un aperçu de la trame scientifique de cette fiction, (plus  proche de la réalité « vraie » que ne laisse deviner son titre), qui renferme à mon avis les théories et les données scientifiques les plus récentes sur l’Univers et les Éléments qui le composent, défendues par des physiciens et des mathématiciens reconnus (portées par des personnages de fiction) jamais expliquées aussi méthodiquement et aussi clairement et réunies dans un seul ouvrage présenté sous forme de roman.
La scène se passe dans l’amphithéâtre de l’université de Coimbra au Portugal, pendant un cours d’astrophysique magistral donné par le physicien Luis Rocha (professeur assistant d’un autre éminent professeur mathématicien Augusto Siza, porté disparu dans l’intrigue).

(pages : 300, 301, 302 et 303, 304, 305, 306)
[…]
«
Vous voulez dire que déjà au XIXe siècle on savait que l’univers n’était pas éternel ?
Absolument. Lorsque la deuxième loi de thermodynamique a été formulée et démontrée, les scientifiques comprirent que l’idée d’un univers éternel était incompatible avec l’existence de processus physiques irréversibles. L’univers évolue vers un état d’équilibre thermodynamique, où les zones chaudes et froides tendent à s’effacer au profit d’une température constante générale, ce qui implique une entropie totale, ou un maximum de désordre. En clair, l’univers évolue d’un ordre complet vers un désordre total. Et cette découverte entraîna l’apparition de nouveaux indices. Quelqu’un connaît-il le paradoxe d’Olbers ? Personne ne répondit. Le paradoxe d’Olbers est lié à l’obscurité du ciel. Si l’univers est infini et éternel, alors il ne peut y avoir d’obscurité la nuit, puisque le ciel doit être inondé par la lumière provenant d’un nombre infini d’étoiles. Mais l’obscurité existe, ce qui est un paradoxe. Ce paradoxe ne peut être résolu que si l’on attribue un âge à l’univers, postulant ainsi que la Terre reçoit uniquement la lumière qui a eu le temps de voyager jusqu’à elle depuis la naissance de l’univers. C’est la seule explication pour justifier le fait qu’il existe de l’obscurité la nuit.
Donc, il y a vraiment eu un point Alpha ? demanda un étudiant.
Exact. Mais il y avait un autre problème à résoudre, lié à la gravité. Les scientifiques pensaient que l’univers, étant éternel, était également statique, et c’est sur ce postulat que repose toute la physique de Newton. Newton lui-même, d’ailleurs, avait comprit que sa loi de la gravité, qui établit que toute la matière attire la matière, avait pour ultime conséquence que l’univers était amalgamé en une grande masse… Et pourtant, quand on regarde le ciel, on s’aperçoit que ce n’est pas ainsi que les choses se passent. La Matière est distribuée. Comment expliquer ce phénomène ?
N’est-ce pas Newton qui a recouru à la notion d’infini ?
Oui. Selon Newton, c’est le fait que l’univers soit infini qui empêche la matière de s’amalgamer complètement. Mais la vraie réponse a été donnée par Hubble.
Le télescope ou l’astronome ?
L’astronome, bien sûr. Dans les années vingt, Edwin Hubble confirma l’existence de galaxies au-delà de la Voie Lactée, et, après avoir mesuré le spectre de la lumière qu’elles émettaient, il aperçut que toutes s’éloignaient de nous. Mieux encore, il vérifia que plus une galaxie était loin, plus vite elle s’éloignait. C’est ainsi que l’on a compris la vraie raison pour laquelle, conformément à la loi de la gravité, toute la matière de l’univers ne s’amalgamait pas en une seule et unique masse. C’est parce que l’univers est en expansion. Le professeur s’arrêta au milieu de l’estrade et regarda son auditoire. A présent, je vous pose cette question : quelle est la conséquence de cette découverte sur le problème du point Alpha ?
C’est simple, répondit l’étudiant à lunettes, en s’agitant sur son siège. Si toute la matière de l’univers se disperse, c’est qu’elle a été rassemblée dans le passé.
Tout à fait. La découverte de l’univers en expansion implique qu’il y a eu un moment initial où tout était concentré avant d’être projeté dans toutes les directions. Du reste, les scientifiques constatèrent que cela cadrait avec la théorie de la relativité générale, dont découlait le concept d’un univers dynamique. Or, en s’appuyant sur toutes ces découvertes, un prêtre belge, nommé Georges Lemaître, avança une nouvelle idée dans les années vingt. Il se tourna vers le tableau et griffonna deux mots anglais:
                                                           Big Bang 

Le Big Bang. La grande explosion. Il regarda à nouveau les étudiants. Lemaître a suggéré que l’univers était né d’une brusque explosion initiale. L’idée était extraordinaire et résolvait d’un seul coup tous les problèmes liés au concept d’un univers éternel et statique. Le Big Bang s’accordait avec la deuxième loi de thermodynamique, solutionnait le paradoxe d’Olbers, expliquait l’actuelle configuration de l’univers soumis aux exigences de la loi de la gravité Newton et cadrait avec les théories de la relativité d’Einstein. L’univers a commencé par une grande explosion soudaine…bien que l’expression la plus appropriée ne soit pas peut-être pas explosion, mais expansion.
Et avant cette… cette explosion, qu’y avait-il alors ? demanda une étudiante avisée. Rien que le vide ?
Il n’y avait pas d’avant. L’univers a commencé avec le Big Bang.
L’étudiante eut l’air troublée.
Oui, mais … qu’y avait-il avant l’expansion ? Il fallait bien qu’il y ait quelque chose, non ?
C’est ce que je viens de vous dire, insista Luis Rocha. Il n’y avait pas d’avant. Nous ne parlons pas ici d’un espace vide qui aurait commencé à se remplir. Le Big Bang implique qu’il n’y avait aucun espace antérieur. L’espace est né avec la grande expansion soudaine, vous comprenez ? Or, les théories de la relativité établissent que l’espace et le temps sont deux faces d’une même médaille. Dès lors, la conclusion est logique. Si l’espace est né avec le Big Bang, le temps est également issu de cet événement primordial. Il n’y avait pas d’avant parce que le temps n’existait pas. Le temps commença avec l’espace, qui débuta avec la Big Bang. Demander ce qu’il y avait avant le temps, c’est comme demander ce qu’il y a au nord de pôle Nord. Ça n’a pas de sens, vous comprenez ? L’étudiante écarquilla les yeux et hocha la tête, mais il était clair que l’idée lui semblait difficile à accepter. Ce problème du moment initial est, du reste, le plus complexe de toute la théorie, ajouta le professeur, conscient de l’étrangeté de ce qu’il venait d’expliquer. On l’appelle une singularité. On pense que tout l’univers était comprimé en un point infime d’énergie et que, soudain, il y a eu une éruption, pendant laquelle a surgi la matière, l’espace, le temps et les lois de l’univers.
Mais qu’est-ce qui a provoqué cette éruption ? demanda l’étudiant à lunettes. Très attentif aux détails.
Disons que le mécanisme causal ne s’applique pas à ce point, argumenta-t-il.
 […]
Je n’ai pas d’avis à vous donner. J’essaie seulement de vous expliquer le Big Bang selon les données dont on dispose aujourd’hui. Le fait est qu’excepté ce problème de la singularité initiale, cette théorie résout les paradoxes posés par l’hypothèse de l’univers éternel. Mais il y a eu des scientifiques qui, comme certains d’entre vous, n’ont pas été satisfaits par le Big Bang et ont cherché une explication alternative. L’hypothèse la plus intéressante qu’on ait proposée est la théorie de l’univers en état permanent, reposant sur l’idée que la matière de faible entropie est en création constante. Au lieu que la matière surgisse en totalité d’une grande expansion initiale, elle apparaîtrait graduellement, par petites éruptions au fil du temps, compensant la part de matière qui meurt à son point maximum d’entropie. Si c’est le cas, l’univers peut être éternel. Cette possibilité a sérieusement été envisagée par la science, à tel point que, pendant longtemps, la théorie de l’univers en état permanent était présentée sur le même pied d’égalité que la théorie du Big Bang.
Et pourquoi n’est-ce plus le cas ?
A cause d’une prévision due à la théorie du Big Bang. En considérant cette grande expansion initiale, les scientifiques ont pensé qu’il devait exister une radiation cosmique de fond, une sorte d’écho de cette éruption primordiale de l’univers. L’existence de cet écho a été présentée en 1948 et on lui attribuait une température d’environ cinq degrés Kelvin, autrement dit, cinq degrés au-dessus du zéro absolu. Mais où diable se trouvait cet écho ? Il écarquilla les yeux et écarta les bras, dans une expression interrogative. On avait beau chercher, on ne trouvait rien. Jusqu’à ce qu’en 1965, deux astrophysiciens américains qui achevaient un travail expérimental au moyen d’une grande antenne dans le New Jersey, captent soudain un bruit de fond désagréable, comme un sifflement de cocotte minute. Ce bruit agaçant semblait venir de tous les points du ciel. Les deux chercheurs avaient beau tourner l’antenne d’un côté comme de l’autre, vers une étoile ou une galaxie, vers un espace vide ou une nébuleuse lointaine, le son persistait. Durant un an, ils ont cherché à l’éliminer. Ils ont vérifié les câbles électriques, examiné les moindres possibilités de panne, ils ont tout essayé, mais impossible de localiser la source de ce bruit insupportable. En désespoir de cause, ils ont appelé les scientifiques de l’université de Princeton, pour leur demander s’ils avaient une explication. Ils en avaient une. C’était l’écho du Big Bang.
Comment ça l’écho ? s’étonna l’étudiant à lunettes. Je croyais qu’il n’y avait pas de son dans l’espace…
L’écho est une forme d’expression, bien entendu. Ce qu’ils ont capté, c’est la plus ancienne lumière qui soit arrivée jusqu’à nous, une lumière que le temps a transformé en micro-ondes. On les appelle des radiations cosmiques de fond et les mesures thermiques indiquent qu’elles avoisinent les trois degrés Kelvin, une valeur très proche de la prévision faite en 1948. Il fit un geste rapide de la main. N’avez-vous jamais allumé la télé sur une chaîne qui n’émet pas ? Que voyez-vous ?
Un écran brouillé.
Avec du bruit. On voit des petits points sautiller et on entend un grésillement irritant. Et bien sachez qu’un pour cent de cet effet provient de cet écho. Il sourit. Donc, si un jour vous regardez la télévision et que rien ne vous intéresse, je vous suggère de chercher une chaîne sans programme et vous assisterez à la naissance de l’univers. C’est le meilleur reality-show qui soit !
Cette éruption initiale est-elle démontrable mathématiquement ?
Oui, D’ailleurs, Penrose et Hawking ont prouvé une série de théorèmes qui confirment que le Big Bang est inévitable, dès lors que la gravité parvient à être une force d’attraction dans les conditions extrêmes où s’est formé l’univers. Il indiqua d’un geste le tableau. Nous verrons ces théorèmes dans un prochain cours.
Mais pouvez-vous, s’il vous plaît, nous expliquer un peu mieux ce qui s’est passé après le Big Bang. Les étoiles se sont formées, c’est ça ?
Tout s’est passé voilà environ dix à vingt milliards d’années, probablement quinze milliards d’années. L’énergie était concentrée en un point et s’est dilatée en une gigantesque éruption. Il se tourna vers le tableau et inscrivit la célèbre équation d’Einstein.
           E  =  mc²            » 
                       •  •  •  • •  •  •  •

Pour ceux dont l’Astronomie n’est pas « la tasse de thé » je peux comprendre que ce long « discours » sur l’origine et la formation de l’Univers est quelque peu assommant, pour ne pas dire indigeste !
Je suis moi-même un fan irréductible de cette « sublime » science qui a permis à l’humanité de saisir, sans trop de peine, presque naturellement, (grâce à notre curiosité innée et notre esprit rationnel) le sens profond de « l’infiniment petit » par rapport à « l’infiniment grand ». D’où découle toute notre existence… et notre « croyance en un Maître Absolu » que nous appelons Dieu,  Omniscient, Omnipotent et néanmoins Miséricordieux !
L’Architecture de cet Univers, son infranchissable Immensité, la Perfection inégalable de son Harmonie, la Majesté par laquelle Il parvient à nos yeux à travers les télescopes géants installés un peu partout sur les « toits » de notre planète pour observer son Immuable Mouvement, donnent le vertige et démontrent bien qu’une « force surnaturelle » douée d’une Intelligence Surhumaine, régit ce Magnifique Ensemble que nous appelons Univers, dans ses moindres apparences et jusqu’à ses plus fabuleuses et infinitésimales manifestations que la science nomme  Matière, Atome, Particules, etc…

Je ne suis pas loin de penser que le Dieu tel qu’Il est personnifié dans les Livres saints ne « cadre » pas avec ce « Dieu », Celui qui Règne sur son Vaste Royaume, Serein, Bienveillant et Maître Absolu de Sa Science... Se Manifestant à nous quotidiennement à travers une série de hasards, d'événements, d’obstacles et observant l’aptitude de chacun de nous à les interpréter ou à les assimiler, (pour modifier notre comportement en conséquence, et si nous échouons, nous Accorder Sa Grâce en nous ouvrant des « voies de sortie » insoupçonnées !… Ce « Dieu-là » ne peut en aucun cas être Menaçant, Vengeur, Rancunier et Violent ! Lui qui Est si proche de ses Créatures, à qui Il a donné la Conscience (pour reconnaître le Bien et le Mal) et l’Intelligence (pour Le « sentir » et le vénérer sans crainte ni ostentation). Un Dieu en somme Clément et Impartial à l’égard tant de l’Infiniment Petit que de l’Infiniment Grand : c’est bien cela Sa Force, et c’est cela qui nous Sauve, (car notre destin est entre Ses Mains) et qui fait de nous des êtres "tourmentés" qui aspirent foncièrement à Sa Rencontre...car ce retour "aux sources" est inscrit dans nos gènes.

Mais une question intrigante taraude notre esprit : sommes-nous seuls dans cet Univers?...



                    •  •  •  • •  •  •  •

Le dialogue scientifique cité ci-dessus se situe exactement au-milieu du roman. C’est dire que la fiction, à ce stade, est loin d’avoir livré tous ses secrets tant au niveau de l’intrigue (un peu  cocasse) qu’à celui de la solution de l'énigme scientifique (soulevée au début du livre) qui est, nous le savons, la trame du roman. Je vous promets que la suite des événements à partir de là est haletante, et l’exposé scientifique sur l’astrophysique est absolument édifiant sur cette question énigmatique : « Qui est Dieu vraiment »?

Pour ceux dont l’histoire de l’Univers (et les questions relatives à sa Formation) intéresse, et qui s’interrogent si « Nous sommes Seuls ! » dans cette immensité de l’Univers, je conseille ces quelques titres (tirés de ma modeste bibliothèque) qui peuvent vous apporter quelques rudiments d’informations… ou au contraire vous lancer sur de nouvelles interrogations !
                                                          B O N N E   L E C T U R E !


1. FORMATION DE L’UNIVERS
APRES LE BIG BANG

« Le Roman du Big Bang » de Simon SINGH
Paru en 2005 Éditions JC Lattes

« Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ? »
De Stephen HAWKING et Leonard MLODINOV
Paru en 2011 Éditions Odile Jacob

2. LES TERRIENS ET LEUR RAPPORT A L’UNIVERS
ET LEUR VOLONTÉ DE CONQUÊTE…

« La plus belle histoire du monde » (les secrets de nos origines)
Paru en 1996 Éditions du Seuil (Collectif d’auteurs).

« Oiseaux, merveilleux oiseaux » (les dialogues du ciel et de la vie)
De Hubert REEVES. Paru en 1998 Éditions du Seuil.

« La plus belle histoire de l’homme » (comment la terre devint Humaine)
Paru en 1998 Éditions du Seuil (Collectif d’auteurs).

« Entretiens sur la fin des temps ». Paru en 1998 Éditions Fayard (Collectif d’auteurs).

« Sommes-nous seuls dans l’Univers ? ».Paru en 2000 Éditions Fayard (Collectif d’auteurs).

1 commentaire:

  1. Super livre mais tout le monde ne peut pas le lire trop de physique , math etc... Des connaissances énormes, un tour fascinant sur la science, les religions etc... vraiment merveilleux mais dur à suivre. Il pose des questions fondamentales bref la migraine n'est pas loin

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