A L'OMBRE DE TAHA HUSSEIN

UN CITOYEN QUI S'INTERESSE A LA MARCHE DU SIECLE

vendredi 12 février 2010

P R É S E N T A T I O N

Loin de moi de prétendre approcher, même de loin, l'Ombre de cet Immense et talentueux Penseur Arabe, surnommé "le Doyen de la Littérature Arabe du XX ème siècle", et qualifié comme l'un des réformateurs le plus audacieux et le plus moderniste de la langue arabe et l'un des pourfendeurs de l'immobilisme et du conservatisme de la société égyptienne de son époque (c'est-à-dire entre les deux guerres mondiales): c'est naturellement de TAHA HUSSEIN dont il s'agit.

Néanmoins, je reste sous influence...


En choisissant ce pseudonyme pour mon blog, c'est un clin d'oeil furtif que je fais à mon adolescence: A seize ans, alors bercé par le programme littéraire français (Balzac, Zola, Hugo, Voltaire, Rousseau etc...) l'intrusion par notre prof du "Livre des Jours" de Taha Hussein (sur la liste des oeuvres à étudier), fut pour moi un émerveillement (quelle grâce et quelle sobriété dans le style) et surtout ce fut un signe prémonitoire qui marqua à jamais mon caractère et mon jugement...

Depuis, mon admiration pour "ce cher disparu" est sans borne.

N'est-ce pas un destin sombre que celui de ce grand romancier, essayiste et critique littéraire égyptien, frappé de cécité dès l'âge de 3 ans.


N'est-ce pas un parcours improbable que celui de ce réformateur, semé de défis, de combats et d'incompréhensions, lui qui dut affronter (à son retour de Paris, après avoir soutenu une thèse de doctorat à la Sorbonne) l'hostilité du corps enseignant y compris certains recteurs, et même la raillerie de quelques écrivains contemporains, jaloux pour ses succès littéraires. A cause de son choix matrimonial d'abord, mais surtout pour son ouverture à la modernité qu'il voulait insuffler dans les programmes figés et exagérément traditionalistes de l'enseignement secondaire et universitaire de son pays; sans parler de son interprétation libérale du Coran et sa critique de certaines attitudes rigides des exégètes musulmans: il fut l'opprobre des académiciens égyptiens.

N'est-ce pas une ascension sociale fulgurante que le cas de ce "pauvre étudiant boursier à Paris" dont la carrière fut pourtant marquée par des nominations prestigieuse jusqu'à celle de Ministre de l'Education Nationale, lui le septième d'une fratrie de treize enfants, né un 14 novembre 1889, dans une pauvre famille de la Moyenne-Égypte.

  









En outre, de par son mariage (son épouse était française) et pendant son séjour à Paris, il perçut vite l'écart abyssal qui sépare les deux civilisations : l'arabo-musulmane et l'occidentale. Il dut alors prôner de toute son énergie (parfois à son corps défendant) l'égalité des chances, la justice sociale, et la reconnaissance des droits de la femme (son épouse y était-elle pour quelque chose?). Il va jusqu'à provoquer le courroux du recteur de la prestigieuse université AL-AZHAR, qui l'accuse de vouloir introduire la laïcité dans les traditions religieuses de son pays, et même de le soupçonner d'avoir renié sa foi!?


Appréciez donc le courage et la détermination de cet intellectuel arabe hors pair (nous parlons du début du XX-ème siècle dans les années 1940) le "Zola égyptien" à sa manière, pétri d'amour pour son pays, et même aveugle, ressentant le poids exagérément lourd des traditions, voulut apporter sa contribution à l'ouverture nécessaire de la société égyptienne vers une nouvelle gouvernance, marquée par l'égalité des chances et la justice sociale.

Avec le temps et regardant derrière moi, je me rends compte aujourd'hui avec étonnement combien ce parcours exceptionnel d'un intellectuel arabe a marqué subrepticement mon propre cheminement!

Comme lui, et très tôt, je fus impressionné par "la culture occidentale" (nous étions sous protectorat français, et la lecture assidue des grandes oeuvres de la littérature française m'a vite ouvert l'esprit vers la comparaison et la critique...

Comme lui, de par mes fonctions, j'ai vécu plus de 23 ans en Europe (presque un quart de siècle) et j'ai eu suffisamment de temps pour me rendre compte que les notions d'égalité des chances, d'égalité des droits, de bonne gouvernance avaient des connotations particulières selon de quel côté l'on se place des deux rives de la Méditerranée.

Comme lui, (parce que je suis marié à une européenne) j'ai du subir à mon retour au pays, reproches, sarcasmes et critiques (jusque dans ma propre famille) pour mon comportement singulier où les signes distinctifs de ma "marocanité" avaient semble-t-il définitivement disparu!

Comme lui, j'ai été impatient de voir mon pays rattraper ce retard dans la gestion des affaires culturelles, sociaux-économiques, et de bonne gouvernance, et j'ai dû, souvent avec virulence au cours des débats improvisés (dans ma famille), m'emporter, critiquer, exhorter, accuser le laxisme ambiant, et la somnolence des autorités devant tant de tâches non programmées!

Mais avais-je perdu pour autant mon sens des réalités et ma "culture" arabe ?

Je ne pense pas : je suis resté attaché à certains principes ( mon séjour prolongé en Europe y était pour quelque chose) universellement reconnus et auxquels je croix fermement. Je ne pense pas que ces principes nuisent à ma condition de citoyen marocain. Accompagner le mouvement du temps sans en renier les bienfaits qu'il introduit dans notre comportement et notre vision des choses : c'était le minimum "syndical" auquel je peux prétendre, pour rester cohérent avec moi-même, et apporter ma contribution (certes très modeste) à l'évolution de "notre société" (par le dialogue et l'esprit critique) trop repliée sur elle-même à mon goût !...

Et j'ai décidé donc d'agir!... Mais par écrit (je laisse l'action aux plus jeunes, qui ont de l'énergie à revendre!), en abordant les sujets que l'actualité brûlante me met sous les yeux...Et je procéderai avec humilité, modération et impartialité, pour autant que la "matière" abordée le permette à un "citoyen impatient" et qui aime son pays...

Je vous remercie chers visiteurs de ce blog de me lire avec indulgence (je suis à mes premières tentatives d'écriture...) et à mon prochain billet. N'hésitez pas à intervenir si le coeur vous en dit. Et merci par avance!

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